LA MODE À LA DEMANDE, NOUVELLE ALTERNATIVE CONTRE LE GASPILLAGE ?

3/8/2021
2 MIN

L’industrie de la fast fashion a un grand impact négatif sur l’environnement. Rien que pour produire un jean il faut 7000 à 10000 litres d’eau. En plus de la consommation d’eau, elle émet aussi beaucoup de CO2, déverse des produits chimiques dans la nature… elle continue d’être polluante même en post production. 


En effet, avec la crise  sanitaire et les différents confinements, le modèle économique montre ses limites. Plusieurs magasins se sont retrouvés avec des tonnes d’invendus. Ceux-ci passent par plusieurs circuits, ils sont d’abord mis en soldes, puis remis en rayon dans l’espoir de trouver un acheteur. S’ils ne trouvent pas preneurs même après ces étapes ils seront incinérés. En 2017 la marque H&M a été accusée de brûler 12 tonnes de vêtements en bon état par an. D’ici 2022 la future loi anti-gaspillage devrait interdire aux producteurs, distributeurs et sites de vente en ligne de ce secteur d’activité de jeter ou de brûler leurs invendus. Sur le côté éthique, économique et écologique, l’industrie de la mode présente plusieurs problèmes. Il est donc essentiel de trouver un modèle plus fiable pour le futur. Pourquoi ne pas adopter la mode à la demande ? 

Le modèle du futur ?

Pour essayer de changer la donne, plusieurs idées sont mises sur le tapis. Parmi elles, la mode à la demande. Le principe est simple, vous payez d’abord et votre vêtement est confectionné ensuite. Cela entraîne un gain de ressources  énorme. En appliquant les désirs exacts du client, il n’y a plus de risque de gaspillage, car c’est garantit que le client trouvera son acheteur. Le processus n’est pas simple à dupliquer sur grande échelle, il faut prendre son temps pour chaque pièce. Aujourd’hui quelques marques se lancent timidement sur ce marché, la logistique qu’elle requiert est parfois compliquée à gérer. La startup américaine Ministry of supply a su tirer son épingle en permettant à ses clients de créer le design de leur vêtement via une imprimante 3D. Des grandes marques ont aussi tâté le terrain comme Adidas avec sa campagne speed factory en 2016. Le but était de laisser les clients créer les chaussures de leurs rêves. Du côté français les marques qui se lancent dans le marché sont plutôt dédiées à la mode masculine. Par exemple Asphalte, the French Tailor et Atelier NA. Le marché féminin s’étend un peu plus avec des marques comme Promod et Maison 123 (ETAM).Du côté de l’accompagnement technique, l’entreprise française Lectra facilite la production avec son programme “fashion on demand”. Il permet d’automatiser la production à la demande en bénéficiant d’une chaîne d’approvisionnement homogène.Une autre entreprise française suivant cet exemple est Tekyn, elle a digitalisé son processus de production. Les marques peuvent organiser en ligne la fabrication de kits pré-découpés.


Les avantages de la production à la demande


Sur le côté écologique, la mode à la demande évite le gaspillage financier aux entreprises, réduit la consommation d'eau comme ses rejets de CO2 et autres déchets industriels. La durabilité semble être un autre avantage de cette méthode. L’industrie ne sait pas quel produit plairait aux consommateurs, résultat, le marché est inondé de produits sans preneurs. L’expérience de la personnalisation permet de remédier à ce problème. Aussi, le processus de la fabrication à la demande étant plus long, le consommateur a tendance à mieux réfléchir à son choix. Il y a ainsi moins de risques de faire des achats impulsifs. 

La production à la demande, bien qu’encore en essaie, vient redonner quelques espoirs pour un changement de l’industrie. 


Article par : Emmy Delbe




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